Parcours

Le théâtre et la danse, le clown et le bouffon

C’est après avoir participé à plusieurs créations collectives et ateliers hebdomadaires de théâtre pendant mes études de sociologie que je suis tombée sur le clown en 2013 à Bordeaux. Cette découverte a été pour moi une révélation.

J’ai d’abord suivi tout un parcours de plusieurs weekends d’initiation à cette pratique avec ARClown jusqu’en 2015 et participé à des ateliers hebdomadaires en région parisienne. Ces mêmes années, je découvrais la danse des cinq rythmes, la gaga danse et le butô, autant de danses intuitives qui ont peu à peu confirmées mon appréhension du corps et ses élans.

En 2015-2016, je poursuivais mon chemin avec un mois de travail d’écriture clownesque auprès de Vincent Rouche de la Compagnie du Moment et suivi des journées mensuelles de « thérapie par le clown »* dans le 20ème arrondissement de Paris. Dans cette même démarche, j’ai été formée auprès d’ARClown pour donner des ateliers et stages de clown, en spécialisation « thérapie par le clown », le travail ayant été centré sur la posture d’accompagnant et les barrières à lever afin d’être réellement avec le stagiaire. Dans ce cadre, je fus référente de stages auprès de différents intervenants.

Mais ce sont finalement les stages de clown reliés à la pratique du chamanisme*, que je vécus auprès de divers artistes et guérisseurs, qui m’ont réellement ouvert les yeux sur la puissance de cet art et l’immensité de ce qu’il ouvre en terme de libération émotionnelle et de réappropriation des différentes parts de soi. Je réalisais combien mes expériences précédentes n’avaient été pour moi qu’une première étape, me semblant à présent bien étriquées.

Suite à cela, je m’engageais corps et âme dans la pédagogie d’Eric Blouet que je découvris aussi et surtout par l’intermédiaire de Francis Farizon, Carole Tallec et Aurélia Pie. En l’espace d’une année, je suivis une succession de stages de dix jours et m’ouvrais à un nouveau potentiel de créativité, une liberté au plateau que je ne soupçonnais pas. Cette approche a multiplié l’amour et la foi que j’avais en cette pratique.

J’eus l’occasion à plusieurs reprises de donner des stages de un à cinq jours et participer à des cabarets ou scènes ouvertes (Le théâtre de l’Ogresse, L’Equitable Café…), des créations collectives en France et à l’étranger (Institut Français d’IstanbulIUT de GrenobleAir Crete en Grèce, feu de la Saint-Jean à Millau…) ou des déambulations de clown en espace public et sur divers évènements organisés par des collectifs et associations (La Ruche Truk’Much notamment). J’eus également l’honneur de passer plusieurs jours au Moulin Jaune de Slava Polunin, en soutien à l’accueil des artistes et en régie du légendaire Slava’s SnowShow. Dans ce même esprit, j’eus l’occasion de me joindre au Collectif de la Patate Douce sur les festivals de Chalon, Aurillac et Laguêp’en Cirque en 2017.

Cette même année 2017, je fus engagée par la compagnie BeClown à participer à un projet de création de spectacle jeune public au Vietnam. Je me joignis à la résidence de création de deux mois qui eut lieu dans la région d’Hanoi et transmis les outils d’Eric Blouet à la compagnie et à des groupes extérieurs (troupe de théâtre d’Hanoi). Notre travail autour du « drame personnel » et l’écriture individuelle d’un court solo chaque jour à présenter le soir durant deux semaines a été d’une grande richesse pour moi. Je décidais toutefois de quitter le projet pour des raisons éthiques et rentrais en France cet hiver 2018.

C’est ainsi que je me suis installée à Marseille, mon réseau dans la région s’étant particulièrement élargi. Depuis mon retour, je me suis ouverte à la pratique du bouffon avec Joël Roth au travers de plusieurs jours de stage à La Machine à Coude, cet état transgressif et dérangeant inspirant largement mes improvisations. J’ai poursuivis mon approche du clown chaman auprès de Bérangère Lacaze et Eric Blouet puis développé mon approche du Butô, dans le cadre de deux semaines de stage auprès de Richard Cayre, chorégraphe, metteur en scène et interprète de La Ligne de Désir. J’ai également suivi un stage passionnant à L’Embobineuse, centré sur l’argile « comme vecteur de la présence corporelle de l’artiste » proposé par l’artiste performeur et sculpteur Olivier de Sagazan.

Je prépare actuellement un solo à présenter ces prochains mois et partage mes résidences d’écriture avec d’autres artistes clowns avec qui des projets de création sont également en cours. En parallèle, je m’apprête à entamer la formation « intervention clownesque en milieu institutionnel » au sein de la Fabrique Jaspir. C’est aussi progressivement que je me tourne vers le clown médiateur et conférencier…

Ma passion pour la transmission me donne un profond élan pour planifier des stages de plusieurs jours partout en France et particulièrement en région PACA.

*Dans la section « philosophie » paragraphe « remarques », je reviens sur certains termes employés ici…

 

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La guérison émotionnelle et l’accompagnement

Dans le domaine de l’accompagnement, j’ai là aussi un parcours très éclectique.

J’ai d’abord commencé en 2010 par une licence de sociologie et anthropologie à l’université de Paris 7, dans une volonté sociale de mieux comprendre les rapports humains et m’ouvrir aux traditions et pratiques ancestrales. L’étude du chamanisme sous un regard occidental me semblait déjà bien limitée… Je développais également un intérêt très fort pour les notions de « folie », de « déviance », d’ « anormalité » et de « criminalité », mais là aussi je me retrouvais face à un ethnocentrisme occidental et universitaire qui me semblait faire l’impasse sur tout un pan d’informations que la plupart des cultures avaient su considérer il y a bien des siècles…

En parallèle, je fus bénévole durant deux années au sein des associations Autremonde et Génépi. Dans la première, centrée sur l’exclusion sociale, j’apportais mon soutien à l’accueil de jour et aux animations socioculturelles puis donnais des ateliers d’alphabétisation auprès de migrants. Dans la seconde, centrée sur le lien social en milieu carcéral, j’intervenais au centre de détention de Melun dans le cadre d’ateliers culturels et participais à nombre de conférences et formations en droit, justice et illetrisme. J’intervins également en classes de collèges pour sensibiliser les jeunes sur la situation des détenus en France.

Me sentant bien peu concernée par les affaires politiques, c’est peu à peu que je compris que mes aspirations ne portaient pas tout à fait sur le social et le culturel mais que je le situais sur une échelle plus large et aussi plus individuelle: celle de l’éveil des consciences au travers de l’art et la relation à établir avec son être profond, autant par le détachement vis-à-vis de ce dont nous n’avons plus besoin que par la prises de décisions justes, en accord avec nos aspirations. C’est, il me semble, en nous changeant nous-même que nous pouvons faire évoluer le monde vers plus d’harmonie. « Incarner le changement que je veux voir dans le monde » (Ghandi). Et pour cela, il s’agit pour chacun d’entre nous d’apprendre à mieux se connaître, développer son autonomie et sa sagesse. L’art en était pour moi une des principales clés.

Je suivis donc en 2013 deux mois de formation à distance d’art thérapie au sein de l’INECAT et sentis par cela combien un regard trop psychologisant restreignait les traumatismes à une seule histoire, privilégiant souvent les concepts au détriment d’une approche plus ouverte, sensible et intuitive. Limitation que je perçu également dans le travail de trois années que je fis auprès d’une psychanalyste, qui par ailleurs m’apportait de nombreuses clés sur certains plans.

C’est ainsi que je m’ouvris à d’autres pratiques plus en accord avec mon ressenti et fus initiée au Reiki I et II par Shivabaï Ebroussard qui me transmis également la Deeksha. Suite à une retraite de méditation Vipassana, je développais une pratique assidue de reiki, méditation, visualisation et harmonisations énergétiques. En parallèle, dans ma volonté de participer au monde et répondre à une vie plus éthique, je me rapprochais du Mouvement Colibris de Pierre Rabhi, les oasis et divers écolieux qui s’y rattachent puis suivis leur MOOC sur l’éducation alternative.

C’est le travail personnel de guidance, de guérisons émotionnelles (transgénération et vies antérieures*) et le développement de mon clairessenti (clairaudience, clairvoyance) que j’ai commencé il y a maintenant quatre ans auprès de Johana Tainosso qui a joué un rôle majeur dans mon parcours. Acquérir plus d’autonomie et de discernement, me relier à mon enfant intérieur, m’éveiller au féminin sacré, accueillir sans jugements mes limites, mon ego et mes parts d’ombres, discerner les messages de mon mental et ceux de mon cœur, développer ma disponibilité intérieure et mon authenticité, m’aligner et trouver une harmonie entre la matière et les autres plans, développer une juste posture dans l’accompagnement de groupes… Autant de prises de conscience qui m’ont aidé à avancer de façon plus juste et équilibrée -et que la pratique du clown m’ouvrait en parallèle- tout en évitant les excès et dérives du « milieu New Age »

Durant cette même période, je découvrais la pratique du chamanisme* et suivi plusieurs stages auprès de femmes chamanes (pratique du voyage au tambour, constellations, quatre directions, huttes de sudation…). Je pris là aussi conscience de ce que j’appellerais l’imaginaire agissant, la multiplicité des entités en soi et le réel pont à faire entre ma pratique du clown et ce que je traverse à présent quotidiennement grâce à ce que le chamanisme a ouvert en moi. Non seulement cette vision du monde convoque le corps, l’animalité, la pulsion, l’instant présent, le chant et la danse, la créativité, les cycles, la célébration, le rituel, le lien à la nature, aux éléments et aux esprits, mais aussi elle ouvre sur une philosophie de vie qui ne s’attache pas à forcément comprendre les évènements mais bien plutôt à les sentir. Faire confiance et se laisser porter par les élans de notre corps, notre voix et notre imagination, eux qui connaissent le chemin de la guérison et des réponses dont on a besoin pour avancer. Se laisser porter aussi par les signes et soutiens extérieurs et non-visibles, issus de la nature et des autres plans. « Faire sa popote » avec tous les outils que la vie met à notre disposition, et cette popote est créatrice, libératrice.

Les constellations chamaniques proches de la constellation familiale et du psychodrame ont largement inspirées mon travail et je compte bien à l’avenir me pencher davantage sur la question. Egalement, les travaux d’Alejandro Jodorowsky (Le théâtre de la guérison, La danse de la réalité), et ce qu’il appelle « acte poétique », « acte théâtral », « acte onirique » et « acte psychomagique » résonnent totalement avec cette manière d’aborder la vie et m’accompagnent au quotidien.

Je retrouvais alors sous un nouveau jour les notions de « folie » et d’ « anormalité », confirmant avec l’appui du clown et du bouffon, ce que je pressentais auparavant : nous devrions tous avoir l’espace pour exprimer et libérer nos pulsions, afin qu’elles soient créatrices et non pas destructrices, aller chercher notre réelle liberté, même là où elle dérange, aussi bien dans le « sale », le « moche » ou le « mauvais » que dans le « beau » et le « lumineux »…

Aujourd’hui tout cela fait partie de mon hygiène de vie au quotidien, aux côtés d’autres supports tels que l’écriture automatique, le voyage ou rêve éveillé, l’étude de mes cycles et, à prendre avec recul et simplicité, le tarot de Marseille, la numérologie et l’astrologie.

*Dans la section « philosophie » paragraphe « remarques », je reviens sur certains termes employés ici…

 

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Autres expériences en parallèle

Au niveau artistique, j’ai développé ma pratique plastique dés 2008, d’abord au travers de deux années universitaires d’arts plastiques à Paris 8 puis de manière autodidacte. Je dessine, tâtonne en céramique et crée divers objets généralement à partir de récupération (bijoux, sacs, carnets, pochettes, housses, boîtes, cartes postales…) J’ai aussi appris la vannerie traditionnelle au Burkina Faso en 2014.

J’ai beaucoup voyagé ces dix dernières années, notamment dans le cadre de volontariat et de projets collectifs. Outre les pays limitrophes, j’ai passé du temps aux Etats-Unis, en Turquie (woofing dans une ferme et centre de yoga), Finlande (projet d’expérimentation de la vie préhistorique), Israël, Palestine (bénévole au sein d’IPYL), Roumanie, Bulgarie, Bosnie, Croatie, Montenegro, Serbie, Grèce, Crète (projet artistique collectif), Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Thaïlande, Vietnam (projet artistique collectif) et étudié à l’université de Galatasaray à Istanbul en 2012-2013.

Enfin, j’eus une succession d’expériences professionnelles principalement dans la région parisienne, que ce soit dans la restauration, le service à la personne, la vente, l’accueil ou l’évènementiel. J’ai été modèle pour les photographes turcs Faruk Akbaş et Mutlu Ekiz. J’ai travaillé à plusieurs reprises auprès d’enfants, en tant qu’animatrice de temps d’ateliers périscolaires (clown et arts plastiques) et de classe verte, surveillante dans le primaire, assistante convoyeuse et animatrice de goûter d’anniversaire chez les particuliers. Enfin, dans le but de parfaire mes quelques connaissances en médecines alternatives et en nutrition, j’ai travaillé un an et demi à temps plein dans un magasin bio. La responsabilité que j’eus des rayons en naturopathie me permis de suivre tout un panel de formations dans le domaine…

C’est ainsi que ce parcours a largement contribué à l’émergence de ce qui me porte aujourd’hui.